L’UE ajoute 46 projets de terres rares pour contrer la Chine
Mines, raffineries et recyclage dans 16 pays, dont six sites en France, rejoignent la liste européenne des projets stratégiques pour sécuriser les métaux.

L’Union européenne va soutenir 46 projets supplémentaires consacrés à l’extraction, au raffinage ou au recyclage de terres rares et d’autres métaux stratégiques. L’objectif affiché est clair : desserrer la dépendance du continent envers la Chine. Ce que cela change concrètement tient surtout à la construction progressive d’une filière européenne, dont les premiers jalons administratifs sont franchis, sans calendrier de production annoncé.
En bref
- L’objectif affiché est clair : desserrer la dépendance du continent envers la Chine.
- Les métaux ciblés couvrent le lithium, le nickel, le cobalt, le manganèse et le magnésium, ainsi que les terres rares utilisées pour fabriquer des aimants permanents.
- Stéphane Séjourné en a fixé l’horizon politique en déclarant : « La survie de nos industries doit dépendre de nos propres choix, de nos propres capacités et de notre propre puissance industrielle ».
Pourquoi ces métaux inquiètent Bruxelles
Les terres rares sont des éléments métalliques dont dépendent des secteurs entiers : l’automobile, les énergies renouvelables, la défense, mais aussi le numérique, qui intéresse directement la culture web et les usages mobiles. Or la Chine s’est construit une position de quasi-monopole sur leur raffinage, étape qui transforme le minerai en matière utilisable par l’industrie.
Le risque n’a rien de théorique. Il y a un an, Pékin a restreint ses exportations. Selon la Commission européenne, ces mesures pouvaient stopper des chaînes de production complètes en Europe, dans l’automobile ou l’éolien notamment. D’où la ligne défendue par l’exécutif européen : renforcer et diversifier les approvisionnements en faisant émerger des projets sur le territoire de l’Union.
Les 46 projets en un coup d’œil
La répartition par activité montre que le recyclage pèse le plus lourd dans cette nouvelle sélection, devant le raffinage puis la mine.
| Activité | Nombre de projets |
|---|---|
| Recyclage | 19 |
| Raffinage | 11 |
| Extraction minière | 8 |
| Plusieurs activités combinées | le reste de la liste |
Cette vague n’est pas la première. Elle vient grossir une liste établie l’an dernier, qui comptait déjà 47 projets à l’intérieur de l’UE et 13 autres conduits dans des pays tiers. Les métaux ciblés couvrent le lithium, le nickel, le cobalt, le manganèse et le magnésium, ainsi que les terres rares utilisées pour fabriquer des aimants permanents.
Des financements et des permis face aux critiques de lenteur
Le rythme de mise en œuvre est parfois jugé trop lent. Chargé de l’industrie à la Commission européenne, dont il est vice-président exécutif, Stéphane Séjourné répond par un bilan chiffré.

Au-delà de l’argent, l’Union se pose en intermédiaire : elle met en relation fournisseurs et clients industriels afin d’aider la filière européenne à prendre son envol. Le commissaire résume ainsi l’état d’avancement :
« Il y a des mines qui ouvrent, des usines qui se construisent, des financements signés et des chaînes de valeur qui émergent »
Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne
Ces chiffres restent ceux de la Commission, tels que rapportés par le Journal du Net. Aucun volume de production ni montant par projet n’accompagne l’annonce, ce qui empêche pour l’heure de mesurer l’effet sur les produits du quotidien.
Une prochaine sélection d’ici décembre
Pour les industriels et porteurs de projets, la suite est déjà programmée : un nouvel appel à projets est prévu avant la fin de l’année. Stéphane Séjourné en a fixé l’horizon politique en déclarant : « La survie de nos industries doit dépendre de nos propres choix, de nos propres capacités et de notre propre puissance industrielle ».
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Edal Anton Lefterov. Licence : CC BY-SA 3.0.
